Compte rendu du conseil municipal – jeudi 16 avril 2026
Après la séance d’installation, du 21 mars, ce conseil était la première séance ‘classique’ de la nouvelle mandature, avec pour principal sujet, le débat et le vote du budget 2026 de notre commune. Ce budget traduit les choix et priorités de la nouvelle majorité, qui s’inscrit en continuité de la gestion précédente. Ce débat budgétaire nous a beaucoup mobilisé, car nous avons pris le temps de l’étudier en détail. Nous nous sommes cependant exprimés sur plusieurs autres points au cours de cette séance.
Un budget qui repose sur une hausse des frais pour les habitant-e-s
Plusieurs éléments sont selon nous frappants, à l’occasion de la présentation de ce premier budget de la nouvelle mandature, comme nous l’avons souligné :
– La majorité parle d’un budget de « transition » et de « continuité », puis de « solidarité »
Nous constatons pour notre part, le choix d’une véritable cure d’austérité sur la ville, avec des conséquences concrètes pour les familles et les habitants. A commencer par l’augmentation de 11,2 % des redevances et domaines, c’est-à-dire ce qui est facturé par la ville aux usagers. Cela contient pour moitié les prestations municipales – cantines, périscolaires, accueil de loisirs, stages et mercredis sportifs, stages culturels et école des arts, séjours découverte et vacances…
Le budget prévoit ainsi des recettes supplémentaires à hauteur de 567 000 €. A travers cette hausse, il est visé « une tarification adaptée pour pérenniser la situation financière de la collectivité » selon ce que prévoit la majorité. Nous sommes alarmés de lire cela, car nous comprenons que la majorité s’apprête à augmenter les tarifs pour les familles. Seule réponse avancée de la majorité, une augmentation du nombre d’usagers, mais qui n’explique pas toute l’augmentation des recettes, et selon le 1er adjoint, la recherche de « pistes d’optimisation tout en préservant le cœur de nos missions ». Et même si « on ne touche pas à la tarification » selon les termes de l’adjoint aux finances, nous resterons attentifs, et mobilisés pour les prochains débats du conseil municipal, afin de préserver le pouvoir d’achat des familles.
Nous notons par ailleurs que les automobilistes vont aussi être mis à contribution, puisque les recettes des radars (amendes) et stationnements sont multipliées par trois dans le budget 2026 par rapport à 2025, sans explication de la part de la majorité sur cette hausse des contraventions.
– La majorité parle « d’ajustements »
Selon le 1er adjoint, les dotations baissent, et les chargent explosent. Mais la lecture du budget que nous faisons est très différente. Plusieurs questions se posent en effet sur le contenu de ce budget.
D’une part, les recettes fiscales estimées sont équivalentes à l’an dernier, alors que les bases fiscales augmentent et que de nouveaux logements ont été livrés. D’autre part, il est question de réaliser des économies avec des « optimisations » sur les tournées de nettoyage. Nos questions sont restées sans réponse sur les conséquences sur la propreté de la ville comme sur le détail des 2,5 M€ budgétés pour des acquisitions foncières.
À l’inverse de ce qui est annoncé depuis plusieurs mois par Monsieur le Maire et sa majorité, qui parlaient de baisses des dotations de l’État, nous constatons leur augmentation de 2 M€ de plus…
Nous avons aussi mis l’accent sur la dette de la ville, qui est exponentielle. Nous atteignons 186 M€, contre 110 M€ au moment de la fusion en 2019. Le coût de cette dette explose donc, ce qui grève d’autant plus le budget de fonctionnement, avec un montant des frais financiers (intérêts de la dette) qui atteint 5,6 M€ en 2026, montant multiplié par deux en l’espace de deux ans.
– La majorité parle de transparence, mais elle nous refuse l’accès à la PPI, la programmation pluriannuelle d’investissement, pourtant essentielle pour comprendre l’entièreté du budget, et les investissements qui courent sur plusieurs années
Ce conseil a donné lieu à beaucoup de promesses, suite à nos interrogations, de nous donner accès à des informations que nous demandions, ou pour répondre aux questions émises lors du conseil, mais à ce jour, la majorité ne nous a pas communiqué les éléments nécessaires.
Cela confirme donc notre impression que la Ville va faire payer aux plus fragiles et aux familles, les conséquences d’une gestion hasardeuse de l’argent public.
Nous avons déclaré à l’adresse de la majorité qu’elle peut enterrer son discours sur sa posture « et de gauche et de centre et de droite » car ses choix sont clairs, et suivent une ligne affirmée. Le maire et son équipe montrent qu’ils ont les coudées franches suite à leur réélection : nous ne les laisserons pas toucher au portefeuille des familles et défendrons bec et ongles des tarifications justes et non pénalisantes pour les activités municipales.
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Des subventions pour les activités des familles
Ce conseil a aussi été l’occasion de l’attribution des subventions de droit commun, aux associations de la ville. Nous avons voté pour ces attributions, en questionnant néanmoins la majorité sur la possibilité de soutenir le lien entre associations dans leur fonctionnement, la possibilité de mutualiser, la création de comités d’associations ou de soutien administratif. Nous avons aussi souligné le rôle social essentiel tenu par nos associations sportives, qui encadrent des milliers de nos enfants et jeunes, et posé la question des moyens mis à disposition de nos clubs, pour réfléchir à soulager le budget des familles, encourager la pratique, et envisager des montées de niveaux de plusieurs sections.
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Un bilan Développement durable qui nécessite des éclaircissements
Le rapport Développement durable est une délibération annuelle qui fournit un bilan des actions entreprises par la ville en faveur de l’environnement. Nous avons profité de la présentation de ce rapport pour poser plusieurs questions et effectuer des remarques sur le contenu.
– Concernant les initiatives menées par la ville sur la végétation, nous avons demandé un suivi sur le sujet de la plantation d’arbres, car plusieurs aménagements comprenant de nouvelles plantations montrent déjà le manque d’entretien de ces jeunes plants. De même sur le fleurissement, nous notons que beaucoup de plants sont changés chaque année, plutôt que de privilégier des plantes qui se renouvellent, afin de réaliser aussi des économies d’achat de plantes.
Plus généralement, nous mettons en avant le besoin de végétalisation des espaces publics et la multiplication des îlots de fraicheur.
– Sur les mobilités douces, de premières initiatives ont émergé pour la place des cyclistes en ville, qui doivent se poursuivre car il est toujours dangereux de se déplacer à vélo dans une bonne partie de la commune. Nous avons par ailleurs souligné que cela doit s’accompagner d’une augmentation du nombre d’emplacements pour garer les vélos, les Pony envahissant actuellement les espaces dédiés.
– Sur les sujets de santé, les doubles menus ont été intégrés avec le système de restauration scolaire mis en place il y a trois ans : nous avons donc demandé quel impact cela avait eu sur la diminution de la viande dans les repas commandés, et la proportion de familles choisissant l’option des menus sans viandes. Nous avons aussi mis en avant le besoin de créer une carte des polluants dans les sols sur la ville.
– Enfin, nous avons interrogé l’usage des composteurs, à l’essai dans des résidences test, mais peu utilisés pour le moment, et sur la réflexion autour de la future généralisation du dispositif.
Sur la question du verre, nous avons rappelé que l’apport volontaire pose problème, on constate que ce nouveau système en place depuis 3 ans ne fonctionne pas bien, avec beaucoup de débris de verre retrouvés dans les poubelles des résidences et dans les zones communes, représentant un risque de blessure pour les habitants et enfants.
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Une réglementation autour de la location qui repose sur les copropriétés
Une délibération présentée concernait le Permis de louer, mis en place au cours du mandat précédent dans la ville pour limiter les phénomènes de multi-locations. La majorité décide de faire évoluer les régimes de déclaration et d’autorisation, en supprimant le système de déclaration de mise en location pour les propriétaires-bailleurs, et en élargissant en parallèle le système d’autorisation préalable, qui passe de 12 à 29 copropriétés sur la ville d’Évry-Courcouronnes, faisant l’objet de suivis OPAH et PDS.
Nous avons pris la parole, pour demander un bilan et des indicateurs sur le fonctionnement de ce permis de louer : combien de permis ont été traités, quels sont les moyens de contrôle de la part de la Municipalité, comment le dispositif est porté à la connaissance des propriétaires, la durée de validité du permis, quel est le retour des copropriétés déjà concernées,…
Nous avons aussi souligné combien le sujet de la sous-location et multilocation préoccupe de nombreux habitants, dans tous nos quartiers et la majorité de nos résidences. Malheureusement la majorité n’a pas été en mesure de nous fournir ces éléments, notamment en cas de location sans permis. Face à un bailleur hors des clous, la responsabilité retombe donc sur les copropriétés ou les locataires pour mener des poursuites, ce qui rend cette mesure vide de sens, car nous savons que ni les 1ers ni les 2nd auront les ressources administratives ou financières d’entamer ces démarches.
Si nous apprécions que ces évolutions aient pris en considération les demandes des collectifs de copropriétaires de la ville, notre vote s’est traduit par une abstention afin d’alerter sur la nécessité de mettre en place des actions complémentaires pour résoudre cette problématique.